Confort d’été : ce que le DPE ne dit pas encore de votre logement
En bref : Le DPE mesure déjà le confort d’été, mais cet indicateur n’entre pas dans le calcul de l’étiquette A à G, qui reflète l’hiver. Sur les diagnostics établis dans l’Indre au premier semestre 2026, 53,6 % affichent un confort d’été insuffisant. Le ministre du Logement a annoncé le 15 juillet 2026 la création d’un « DPE confort d’été ».
Trois vagues de chaleur en juin et juillet 2026, et la même question revenue chez nos clients : comment un logement bien classé peut-il être invivable au mois d’août ? La réponse tient en une phrase. L’étiquette du DPE mesure ce que le logement consomme pour se chauffer, pas ce qu’il endure quand il fait 38 °C dehors.
Ce n’est pas un oubli du diagnostic : le confort d’été y figure bel et bien, sous la forme d’un indicateur à trois niveaux. Simplement, il vit à côté de la note, et non dedans. C’est précisément ce que l’État s’apprête à changer. Nous avons profité de l’occasion pour mesurer ce que cela donne dans l’Indre, et le résultat mérite d’être connu.
Cet article complète notre page service consacrée au DPE avant vente ou location, qui détaille le déroulé du diagnostic et nos tarifs.
Sommaire
Cliquez sur une section pour y accéder directement :
- Ce que le DPE mesure déjà
- Pourquoi l’étiquette n’en tient pas compte
- Dans l’Indre, un logement sur deux est insuffisant
- Une étiquette A ne protège pas de la chaleur
- Ce qui va changer : le « DPE confort d’été »
- Les leviers qui fonctionnent vraiment
- Et la climatisation ?
- Foire aux questions
Ce que le DPE mesure déjà
Depuis la réforme de juillet 2021, tout DPE comporte un indicateur de confort d’été, évalué sur trois niveaux : bon, moyen ou insuffisant. Il ne se calcule pas sur une consommation mais sur les caractéristiques passives du logement, celles qui déterminent sa capacité à encaisser la chaleur :

- L’inertie du bâti : la masse des murs et des planchers, qui absorbe la chaleur le jour et la restitue la nuit.
- Les protections solaires extérieures : volets, persiennes, brise-soleil, casquettes. Extérieures, car un rideau intérieur arrête la lumière une fois que la chaleur est déjà entrée.
- La possibilité de ventiler naturellement : un logement traversant, avec des ouvertures sur deux façades opposées, se rafraîchit la nuit. Un logement mono-orienté, non.
- L’isolation de la toiture, qui protège autant du froid en janvier que du rayonnement en juillet.
Cet indicateur figure sur le rapport que nous remettons à chaque client. Il est donc déjà à votre disposition : encore faut-il savoir où le lire, ce que nous prenons systématiquement le temps d’expliquer lors de la restitution.
Pourquoi l’étiquette n’en tient pas compte
La classe A à G résulte d’un calcul de consommation conventionnelle, portant sur le chauffage, l’eau chaude sanitaire, le refroidissement s’il existe une installation, et quelques usages annexes. Dans un pays au climat tempéré, cette consommation est très largement dominée par l’hiver. Un logement peut donc afficher une excellente note parce qu’il consomme peu pour se chauffer, tout en se transformant en four dès la première vague de chaleur.
Le paradoxe est même mécanique. Un bâtiment très isolé, très étanche, avec de grandes surfaces vitrées et une structure légère, obtient une bonne étiquette et un mauvais confort d’été : il conserve aussi bien la chaleur estivale que la chaleur du chauffage. C’est ce que l’on appelle désormais une bouilloire thermique, par symétrie avec la passoire.
À l’échelle nationale, l’étude conduite par Pouget Consultants pour IGNES, publiée le 19 juin 2026 à partir des 14 millions de diagnostics de la base ADEME, chiffre l’ampleur du phénomène : 9 logements sur 10 affichent un confort d’été moyen ou insuffisant, 43 % n’ont aucune protection solaire extérieure et 47 % des appartements sont mono-orientés.
Dans l’Indre, un logement sur deux est insuffisant
Nous avons extrait de la base ADEME l’ensemble des DPE établis dans le département au premier semestre 2026, soit 3 022 diagnostics, dont 2 772 renseignent l’indicateur de confort d’été. Voici ce qu’ils disent :
| Indicateur de confort d’été | Nombre de logements | Part |
|---|---|---|
| Insuffisant | 1 485 | 53,6 % |
| Moyen | 878 | 31,7 % |
| Bon | 409 | 14,8 % |
Plus d’un logement diagnostiqué sur deux est donc jugé insuffisant face à la chaleur, et à peine un sur sept atteint le niveau bon. Le département se situe un peu au-dessus de la moyenne nationale, ce qui s’explique par la nature de son parc : nos extractions montrent que 42,7 % des logements diagnostiqués ont une inertie lourde ou très lourde, contre 18,1 % en inertie légère. Les murs épais du bâti berrichon jouent leur rôle de volant thermique.
Cet atout est en partie gâché par un manque simple à corriger : 46,9 % des logements n’ont pas de protection solaire extérieure digne de ce nom. C’est le levier le plus accessible du département.
Une étiquette A ne protège pas de la chaleur

C’est le résultat le plus contre-intuitif de notre extraction. En croisant l’indicateur de confort d’été avec la classe DPE, on constate que les meilleures étiquettes n’offrent aucune garantie l’été :
| Classe DPE | Diagnostics | Confort d’été insuffisant | Confort d’été bon |
|---|---|---|---|
| A | 55 | 50,9 % | 5,5 % |
| B | 103 | 48,5 % | 12,6 % |
| C | 584 | 40,8 % | 20,4 % |
| D | 932 | 51,0 % | 14,2 % |
| E | 558 | 54,7 % | 15,6 % |
| F | 357 | 66,4 % | 11,8 % |
| G | 183 | 83,1 % | 7,1 % |
Deux enseignements sortent de ce tableau. D’abord, la moitié des logements classés A affiche un confort d’été insuffisant, et seuls 5,5 % atteignent le niveau bon. Sur les 158 logements classés A ou B du semestre, 49,4 % sont insuffisants et 10,1 % seulement sont jugés bons. Les effectifs de ces deux classes restent modestes, il faut le garder en tête, mais la tendance est nette et rejoint les constats nationaux.
Ensuite, la meilleure classe pour l’été n’est ni A ni B, mais C, avec 40,8 % d’insuffisants et 20,4 % de bons. Ce sont souvent des logements anciens améliorés : de la masse, des volets, des ouvertures sur plusieurs façades, et une isolation renforcée depuis. Le compromis idéal, en somme.
À l’autre bout, le lien redevient logique : 83,1 % des logements classés G sont insuffisants. Une passoire l’hiver est très souvent une bouilloire l’été, parce qu’il lui manque tout, l’isolation de la toiture comme les protections solaires.
🟡 Ce qu’il faut en retenir avant d’acheter
La classe du DPE ne dit rien de la façon dont le logement se comporte en août. Un acquéreur qui visite en février avec une étiquette B sous les yeux n’a aucune information sur le sujet, sauf s’il ouvre le rapport à la page de l’indicateur de confort d’été. Le réflexe utile : demander cet indicateur, et regarder trois choses sur place, l’orientation des pièces de vie, la présence de volets extérieurs et la possibilité d’ouvrir sur deux façades.
Ce qui va changer : le « DPE confort d’été »
Les canicules de l’été 2026 ont accéléré le calendrier politique. Le 15 juillet 2026, devant l’Assemblée nationale, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a annoncé la création d’un « DPE confort d’été » : une nouvelle lettre, distincte de l’étiquette énergétique, qui informerait acquéreurs et locataires de la performance du logement face à la chaleur. Son échéance annoncée est de « quelques mois ».
Deux précisions s’imposent, parce que le sujet circule vite et mal :
- Rien n’est publié à ce jour. Il s’agit d’une annonce, pas d’un texte. Ni le contenu exact de cette lettre, ni sa méthode de calcul, ni sa date d’entrée en vigueur ne sont arrêtés. Tant qu’aucun arrêté ne paraît, le DPE reste inchangé.
- Une réforme plus profonde est évoquée à l’horizon 2027-2028, qui intégrerait réellement le confort d’été dans le calcul plutôt qu’à côté. Elle en est au stade des travaux.
Dans le même mouvement, un projet de décret abaissant le coefficient de conversion de l’électricité de 1,9 à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027 a été soumis à consultation jusqu’au 6 août 2026, et une baisse de TVA sur certaines pompes à chaleur est à l’étude. Ces textes ne sont pas adoptés : le coefficient applicable aujourd’hui reste 1,9, entré en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026.
Les leviers qui fonctionnent vraiment

La bonne nouvelle, c’est que le confort d’été s’améliore avec des interventions souvent modestes, et dans un ordre assez constant.
- Empêcher la chaleur d’entrer, par l’extérieur. C’est le geste numéro un, et le plus rentable. Volets, persiennes, brise-soleil orientables ou stores extérieurs arrêtent le rayonnement avant la vitre. Un store intérieur, lui, laisse la chaleur passer puis la piège. Dans l’Indre, près d’un logement diagnostiqué sur deux n’a pas de protection extérieure : c’est le premier chantier.
- Isoler la toiture. Sous les combles, c’est le rayonnement solaire qui fait la loi. Une toiture bien isolée gagne sur les deux saisons, et l’épaisseur compte autant que le déphasage du matériau, c’est-à-dire le temps qu’il met à transmettre la chaleur.
- Ventiler la nuit. Fermer le jour, ouvrir la nuit : le geste le plus efficace ne coûte rien. Il suppose de pouvoir créer un courant d’air, donc d’ouvrir sur deux façades. C’est là que le logement traversant prend toute sa valeur.
- Conserver et exploiter l’inertie. Les murs épais du bâti ancien sont un atout : ils encaissent la chaleur du jour. Une isolation intérieure mal conçue peut couper le logement de cette masse. C’est un point à examiner avant de choisir entre isolation par l’intérieur et par l’extérieur.
- Faire de l’ombre. Un arbre au sud ou à l’ouest, une pergola, une treille : la végétation abaisse la température de l’air autour du bâtiment et coupe le rayonnement direct. Effet lent à obtenir, durable une fois acquis.
- Brasser l’air avant de le refroidir. Un ventilateur de plafond consomme quelques dizaines de watts et rend une pièce supportable en accélérant l’évaporation cutanée. Sans rapport avec la consommation d’un climatiseur.
Ces travaux se combinent naturellement avec une rénovation énergétique plus large. Les arbitrages entre isolation intérieure et extérieure, ou le choix des menuiseries, se posent d’ailleurs dans les mêmes termes que pour l’hiver, comme nous le détaillons dans notre article sur la rénovation d’ampleur.
Et la climatisation ?
Elle n’est ni interdite ni absurde, mais elle arrive en dernier, pour deux raisons.
La première est de bon sens : refroidir un logement dont la chaleur entre librement revient à chauffer une pièce fenêtres ouvertes. Traiter les protections solaires et la toiture d’abord réduit la puissance nécessaire, donc le coût d’achat et la facture.
La seconde est réglementaire : lorsqu’une installation de refroidissement existe, sa consommation entre dans le calcul du DPE. Installer un climatiseur peut donc dégrader l’étiquette, alors que les protections solaires, elles, ne la pénalisent jamais. Une pompe à chaleur réversible, qui assure le chauffage l’hiver et le rafraîchissement l’été, présente un bilan plus favorable qu’un climatiseur seul.
Foire aux questions
Le confort d’été est-il pris en compte dans la note du DPE ?
Non. Le DPE affiche un indicateur de confort d’été sur trois niveaux, bon, moyen ou insuffisant, mais il n’entre pas dans le calcul de l’étiquette A à G, qui repose sur les consommations de chauffage, d’eau chaude et de refroidissement. Le ministre du Logement a annoncé le 15 juillet 2026 la création d’une lettre dédiée au confort d’été.
Où trouver l’indicateur de confort d’été sur mon DPE ?
Il figure dans le rapport de diagnostic, présenté sous forme de trois niveaux : bon, moyen ou insuffisant. Il repose sur l’inertie du bâtiment, la présence de protections solaires extérieures, la possibilité de ventiler naturellement et l’isolation de la toiture.
Un logement classé A peut-il être invivable l’été ?
Oui. Sur les diagnostics établis dans l’Indre au premier semestre 2026, 50,9 % des logements classés A affichent un confort d’été insuffisant et 5,5 % seulement atteignent le niveau bon. Une bonne étiquette traduit une faible consommation de chauffage, pas une résistance à la chaleur.
Quels travaux améliorent le plus le confort d’été ?
Les protections solaires extérieures arrivent en tête, car elles arrêtent le rayonnement avant la vitre, suivies de l’isolation de la toiture et de la possibilité de ventiler la nuit sur deux façades. Ces trois leviers sont bien plus efficaces, et bien moins coûteux, qu’une climatisation installée sur un logement non protégé.
Installer une climatisation dégrade-t-il le DPE ?
Oui, car la consommation de refroidissement est intégrée au calcul lorsque l’installation existe. Les protections solaires, l’isolation et la ventilation naturelle améliorent le confort sans pénaliser l’étiquette. Une pompe à chaleur réversible présente un bilan plus favorable qu’un climatiseur seul.
Quand le « DPE confort d’été » entrera-t-il en vigueur ?
Aucune date n’est fixée. L’annonce du 15 juillet 2026 évoque une échéance de quelques mois pour une nouvelle lettre, et une réforme plus structurelle est évoquée à l’horizon 2027-2028. Tant qu’aucun texte n’est publié, le DPE reste inchangé.
📞 Un DPE à faire réaliser dans l’Indre ?
Notre cabinet basé à Châteauroux intervient dans tout le département. Lors de la restitution, nous prenons le temps de vous expliquer l’indicateur de confort d’été de votre logement et les leviers d’amélioration adaptés à votre bâti. Pour la méthode et la lecture du diagnostic, voyez notre guide complet du DPE, et pour l’état du parc local, notre baromètre DPE de l’Indre.
Sources utilisées dans cet article
- Arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique (indicateur de confort d’été, méthode 3CL-DPE 2021)
- Base de données ADEME des DPE des logements existants : extraction France Diagnostics du 31 juillet 2026, département de l’Indre, diagnostics établis du 1ᵉʳ janvier au 30 juin 2026
- Étude Pouget Consultants pour IGNES sur le confort d’été des logements, 19 juin 2026, réalisée sur la base ADEME
- Déclaration du ministre du Logement à l’Assemblée nationale, séance de questions au Gouvernement du 15 juillet 2026 (annonce d’un « DPE confort d’été »)
- Arrêté du 13 août 2025 portant le facteur de conversion de l’électricité à 1,9 au 1ᵉʳ janvier 2026
- ADEME : ressources sur le confort d’été et la rénovation
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Les chiffres départementaux proviennent d’une extraction de la base publique ADEME arrêtée au 31 juillet 2026 ; cette base est alimentée en continu et les valeurs peuvent légèrement évoluer. Les classes A et B portent sur des effectifs modestes, à interpréter comme une tendance. Les évolutions réglementaires évoquées relèvent d’annonces gouvernementales et non de textes publiés à ce jour.
Vous préparez une vente, une location ou des travaux et vous voulez savoir comment votre logement se comporte l’été ? Contactez France Diagnostics au 02 54 27 77 60. Notre équipe, basée à Châteauroux, intervient dans tout le département de l’Indre.
Dans la même catégorie
Rénovation d’ampleur : quels travaux pour gagner 2 classes au DPE ?
Rénovation d’ampleur : quels travaux pour gagner 2 classes au DPE ? Les leviers, l’ordre des priorités et les règles 2026, avec un exemple dans l’Indre.
Lire la suite
